Au cœur de la
France, dans le département de l’
Allier (l’ancienne province du Bourbonnais), vit un compagnon à longues oreilles au regard doux et à la robe chocolat : l’
Âne Bourbonnais.
Longtemps resté dans l’ombre du célèbre
Grand Noir du Berry ou de l’
Âne Grand Noir du Berry, il a pourtant une histoire riche, intimement liée à la vie paysanne de sa région.
Au
XIXème siècle, l’Âne Bourbonnais était omniprésent dans les fermes de l’
Allier.
Surnommé le «
cheval du pauvre », il était le partenaire indispensable des petits exploitants qui n'avaient pas les moyens d'entretenir un
cheval de trait.
On l’attelait pour porter le lait à la laiterie, pour transporter les légumes au marché, ou pour labourer les petites parcelles de vigne de la région de
Saint-Pourçain.
La foire de
Dompierre-sur-Besbre était l'un des hauts lieux où s'échangeaient ces ânes.
Réputé pour son sérieux et sa solidité, le
Bourbonnais s'exportait même au-delà des frontières de sa province.
Comme toutes les races de trait et de travail, l’
Âne Bourbonnais a subi de plein fouet la mécanisation agricole après la
Seconde Guerre mondiale.
Le tracteur l’a remplacé dans les champs, et les camions sur les routes des marchés.
Pendant plusieurs décennies, il a failli disparaître ou être dilué dans des croisements anonymes.
Il n'était plus considéré que comme une «
bête de somme » sans identité précise, alors que ses caractéristiques physiques étaient pourtant bien fixées depuis des générations.
Le sauvetage de la race est une aventure humaine passionnée.
À la fin des années
1990, des éleveurs de l’
Allier se regroupent pour recenser les individus correspondants au type historique et demander une reconnaissance officielle.
C'est en octobre
2002 que les
Haras Nationaux reconnaissent officiellement l'
Âne Bourbonnais comme la
8ème race d'âne
française.
L’
Association de l’Âne Bourbonnais, basée à
Braize, veille depuis lors à la sélection des reproducteurs et à la promotion de la race, s'assurant que le standard historique est respecté.
L’histoire de l’
Âne Bourbonnais est celle d’une victoire sur l’oubli.
Il nous rappelle que chaque région possède un trésor de biodiversité qui mérite d'être protégé.
En rencontrant un
Bourbonnais sur les chemins de l'
Allier, on ne voit pas seulement un
âne, mais un témoin vivant de la
France rurale, humble, courageux et profondément attachant.