L’
Arabo-Frison est une race de chevaux moderne et fascinante, originaire des
Pays-Bas.
Contrairement à d’autres croisements nés du hasard, l’
Arabo-Frison est le fruit d’une sélection scientifique et sportive rigoureuse.
Son histoire est celle d'un défi : conserver la beauté légendaire et le charisme du
Frison tout en lui apportant l'endurance et le «
souffle » qui lui faisaient défaut pour la compétition de haut niveau.
Dans les années
1960, la race
Frisonne revient de loin après avoir frôlé l'extinction.
Si le
Frison séduit par son élégance, sa
robe noire et ses crins abondants, les utilisateurs sportifs, notamment dans la discipline de l'
attelage de compétition, se heurtent à une limite physiologique.
Le
Frison pur possède un
cœur et des poumons proportionnellement plus petits que ceux d'autres races de sport.
Lors d'épreuves d'
endurance ou de marathons d'
attelage, les
chevaux s'épuisaient rapidement, leur récupération cardiaque était lente, et leur température corporelle augmentait dangereusement.
C'est de ce besoin de performance qu'est née l'idée d'introduire du «
sang » oriental.
L'histoire de la race est indissociable du
Professeur Hillner en
Allemagne, puis de passionnés néerlandais comme les
frères Lohman.
L'objectif n'était pas de créer un demi-sang
arabe, mais d'injecter une infime dose de sang
pur-sang arabe (généralement entre 6 % et 20 %) pour améliorer les capacités
respiratoires sans dénaturer le type
Frison.
L'
étalon clé de cette aventure fut
Gharib, un
pur-sang arabe égyptien noir.
Gharib possédait une
morphologie compatible avec le
Frison et, surtout, le gène de la
robe noire.
Ses descendants ont montré une amélioration spectaculaire de l'endurance et de la volonté au travail, tout en conservant les
allures relevées caractéristiques des chevaux du
Nord.
Pendant longtemps, ce croisement a été boudé par les puristes du
stud-book traditionnel du
Frison Royal (KFPS).
Cependant, les résultats en compétition étaient tels que les éleveurs ont décidé de structurer leur propre registre.
En
2000, l'
EAFP (European Arabo-Friesian Horse Association) est créée aux
Pays-Bas.
Elle établit des critères de sélection très stricts.
Le type : Le
cheval doit ressembler à un
Frison (robe noire obligatoire, crins abondants, fanons).
La performance : Les
étalons doivent réussir des tests sportifs rigoureux, notamment en
attelage et sous la
selle, pour prouver leur endurance.
La génétique : Le pourcentage de sang
arabe est soigneusement contrôlé pour ne pas perdre l'identité visuelle de la «
Perle Noire ».
L'
Arabo-Frison a rapidement prouvé sa valeur.
Dès les années
2000, des équipages d'
Arabo-Frisons ont commencé à dominer les championnats du monde d'
attelage à quatre.
Leur capacité à maintenir un
trot puissant sur de longues distances et à récupérer instantanément lors des phases de repos a révolutionné la discipline.
Aujourd'hui, l'
Arabo-Frison est reconnu comme un cheval de sport d'élite, capable de rivaliser avec les meilleurs
Warmbloods européens, tout en conservant le tempérament en or et la présence scénique de ses ancêtres
frisons.
Bien que né aux
Pays-Bas, l'
Arabo-Frison est aujourd'hui élevé dans toute l'
Europe (Belgique, France, Allemagne).
Il n'est plus considéré comme un simple «
croisement », mais comme une race à part entière, stabilisée, avec ses propres lignées d'
étalons stars.
L'histoire de l'
Arabo-Frison est une leçon de zootechnie moderne.
Elle démontre que l'on peut respecter la tradition tout en utilisant la génétique pour répondre aux exigences du bien-être animal et de la performance sportive.
En donnant au
Frison «
le cœur et les poumons » de l'
arabe, les éleveurs
néerlandais ont créé un athlète d'exception, aussi à l'aise sur un rectangle de
dressage que sur un marathon d'
attelage international.