Le Boulonnais

L'histoire du Boulonnais est celle d'un aristocrate égaré dans le monde des colosses. Il reste le témoignage vivant d'une époque où le prestige d'un cheval se mesurait autant à sa force de travail qu'à la noblesse de son allure.

Un cheval Aegidienberger, un coeur et un paysage de l'Allemagne
Un cheval Aegidienberger, un coeur et un paysage de l'Allemagne
L'Aegidienberger sur une coque mobile
Le Cheval Akhal Téké et une tache orangée
Le Cheval Akhal Téké et une tache orangée
L'Akhal Téké sur un parapluie
Le cheval Abyssinien et un paysage de l'Éthiopie
Le cheval Abyssinien et un paysage de l'Éthiopie
L'Abyssinien sur un coussin
La tête du Cheval Adaev et un coeur rouge
La tête du Cheval Adaev et un coeur rouge
L'Adaev sur un sweat à capuche
L’Histoire du Cheval Boulonnais : Le Colosse de Marbre du Nord
 
L'histoire du Cheval Boulonnais est l'une des plus fascinantes de l'hippologie française. Surnommé le « pur-sang des chevaux de trait » ou le « colosse de marbre », ce cheval originaire du Boulonnais (Pas-de-Calais) se distingue par une élégance et une finesse de peau uniques pour un animal de ce gabarit.
Son passé est un mélange de légende antique, de chevalerie médiévale et d'épopée commerciale.
La légende, soutenue par certains historiens, fait remonter les origines de la race à l'invasion de la Gaule par Jules César. Plus précisément, on raconte que l'empereur Caligula, en rassemblant ses légions à Boulogne-sur-Mer pour envahir la Bretagne (l'actuelle Angleterre), aurait amené avec lui des chevaux d'origine orientale (numides).
Ces chevaux de sang chaud se seraient croisés avec les chevaux lourds autochtones des côtes de la Manche. Ce mélange initial expliquerait la distinction majeure du Boulonnais : une ossature massive alliée à une finesse de tissus (peau fine, veines apparentes) que l'on ne retrouve chez aucun autre cheval de trait.
Au Moyen Âge, le Boulonnais devient le destrier privilégié de la noblesse du Nord. Sa puissance lui permet de porter les chevaliers en armure lourde, tandis que son agilité le rend manœuvrable sur le champ de bataille.
Un tournant historique majeur survient lors des Croisades. Les seigneurs du Nord (comme Eustache II de Boulogne ou Robert de Flandre) ramènent d'Orient des étalons arabes et barbes. Les croisements répétés avec ces chevaux orientaux affinent la race, lui conférant cette robe grise souvent pommelée et ce port de tête altier qui font encore sa renommée aujourd'hui.
C'est sans doute la période la plus glorieuse et la plus spécifique de son histoire. Avant l'arrivée du chemin de fer, le Boulonnais était le moteur indispensable du commerce du poisson.
La Route du Poisson : Des attelages de Boulonnais, appelés « ballons », transportaient le poisson frais de Boulogne-sur-Mer, d'Étaples ou de Calais vers les halles de Paris.
Le Type « Mareyeur » : Pour ce travail, on sélectionna un type de cheval plus léger et extrêmement endurant, capable de parcourir près de 100 kilomètres au trot soutenu sans faiblir.
Performance : Le trajet Boulogne-Paris s'effectuait en moins de 24 heures. Cette utilisation a forgé le caractère exceptionnel de la race : un cheval de trait capable de vitesse.
Au XIXe siècle, avec le développement de l'agriculture intensive et des mines dans le Nord de la France, les besoins changent. On commence à élever un type plus lourd, le « Grand Boulonnais », destiné aux travaux des champs (arrachage des betteraves) et à la traction de charges lourdes dans les zones industrielles.
En 1886, le Stud-book (registre généalogique) de la race est créé, officialisant les critères d'excellence de ce cheval à la robe de porcelaine.
Le XXe siècle a failli être fatal au Boulonnais.
Les Guerres Mondiales : Les deux conflits mondiaux, qui se sont déroulés en grande partie sur son territoire d'origine, ont décimé les effectifs. Les chevaux étaient réquisitionnés pour l'artillerie et les convois.
La Motorisation : Dans les années 1950, le tracteur remplace le cheval. Le Boulonnais, comme toutes les races de trait, voit ses effectifs s'effondrer.
La Sauvegarde : Dans les années 1970, la race ne survit que grâce à l'élevage pour la viande et à quelques passionnés. Aujourd'hui, le Boulonnais est considéré comme un patrimoine vivant. Des efforts sont faits pour le réintroduire dans les loisirs (attelage de compétition), le travail urbain et le tourisme vert.
Les points à retenir sur le Boulonnais
L'Aristocrate du trait
 
Contrairement aux autres races de trait souvent massives et rustiques, le Boulonnais possède une élégance « orientale » due aux étalons arabes ramenés pendant les Croisades et sous le Premier Empire.
Le « Trotteur » lourd
 
Grâce à sa sélection pour les convois de poisson (les ballons), il est capable de maintenir un trot soutenu sur de longues distances, une prouesse pour un cheval de son poids.
Une robe pour la nuit
 
La préférence pour la robe grise s'explique historiquement par le fait que les chevaux blancs étaient plus visibles la nuit pour les conducteurs de convois sur les routes non éclairées menant à Paris.
Un patrimoine fragile
 
C'est aujourd'hui l'une des races françaises les plus menacées. Sa survie repose sur des éleveurs passionnés et une reconversion réussie dans le travail équestre territorial (villes durables).
Les dates clés du Boulonnais
Ier siècle
 
Apport possible de chevaux orientaux par les légions romaines.
XIe - XIIIe siècle
 
Influence majeure des chevaux arabes rapportés des Croisades.
XVIIe - milieu XIXe siècle
 
Âge d'or des convois de « Chasse-Marée » vers Paris.
1886
 
Création du Stud-book de la race.
1914-1945
 
Destruction massive du cheptel durant les deux guerres.
2003
 
Création du Centre équestre national du Boulonnais (Ferme du Mont de la Louve) pour la préservation de la race.
L'essentiel sur le Boulonnais
Nom de la race
 
Boulonnais (surnommé le « Colosse de marbre »).
Origine
 
France (Boulonnais, Pas-de-Calais, Hauts-de-France).
Type
 
Cheval de trait lourd - Traction rapide.
Taille
 
Grand gabarit : entre 1,60 m et 1,75 m au garrot.
Morphologie
 
Harmonieuse et distinguée. Tête fine, encolure fière, corps massif, peau très fine et membres avec peu de fanons.
Robe
 
Très majoritairement grise (du gris fer au blanc porcelaine).
Tempérament
 
Vif, énergique, fier et extrêmement coopératif.
Histoire marquante
 
Utilisé pour le « Chasse-Marée » (transport rapide du poisson vers Paris).
Influences majeures
 
Croisements historiques avec des chevaux Arabes et Barbes.
Utilisations actuelles
 
Attelage de prestige, travail urbain (collecte, débardage), loisir et tourisme vert.
Statut de conservation
 
En danger (race à très faibles effectifs faisant l'objet d'un plan de sauvegarde).
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La caricature de la tête d'un cheval Abaga
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La tête du Cheval Abyssinien et un coeur rouge
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Le blason de l'Abou'Ourquob du Yémen
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Le Blason de l'Afghan de l'Afghanistan
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