Le Charentais

L'histoire du cheval charentais illustre la transition du cheval « outil de guerre » vers le cheval « athlète de sport ». S'il a perdu son nom, il a permis à la France de devenir l'une des plus grandes nations d'élevage de chevaux de saut d'obstacles au monde.

Un cheval bai, un paysage d'automne dans un coeur
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Débardeur Gildan Homme
La tête d'un cheval alezan dans un écusson
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Bocal à boisson
Un cheval sur le dos, un écusson et un désert
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Casquette classique
La tête d'un cheval noir et un coeur rouge
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Veste à capuche unisexe
L’Histoire du Cheval Charentais : L’Élégance Disparue des Marais de l'Ouest
 
L’histoire du Cheval Charentais est celle d’une race de prestige qui a marqué l’apogée de la cavalerie française avant de se fondre dans le patrimoine génétique du Selle Français. Originaire des anciennes provinces de l'Angoumois, de l'Aunis et de la Saintonge (actuels départements de la Charente et de la Charente-Maritime), ce cheval était le symbole d'une polyvalence rare, capable de briller aussi bien sous la selle d'un officier que devant un attelage élégant.
Le socle du cheval charentais repose sur d’anciennes populations de chevaux rustiques qui vivaient dans les zones marécageuses de la côte atlantique, particulièrement dans les marais de Rochefort et de Brouage. Ces chevaux, d'abord petits et trapus, étaient habitués à un environnement humide et difficile, ce qui leur a conféré une résistance naturelle exceptionnelle.
Dès le XVIIe siècle, sous l'impulsion de la noblesse locale et des besoins de l'armée, ces juments des marais ont commencé à être croisées avec des étalons de sang : des Barbes, des Arabes, mais aussi des chevaux espagnols et napolitains. L'objectif était d'apporter de la taille et de la distinction à la rusticité locale.
C'est au XIXe siècle que le cheval charentais acquiert ses lettres de noblesse. La région devient l'un des principaux centres de « remonte » pour l'armée française. Les haras nationaux (notamment celui de Saintes) encouragent le croisement des juments charentaises avec des étalons Pur-Sang Anglais et des demi-sang.
Le résultat fut un cheval de selle d'une grande distinction, réputé pour son tempérament équilibré et son endurance. Le Charentais était alors le favori de la cavalerie légère et des officiers.
Parallèlement, une version un peu plus charpentée, issue de croisements avec des chevaux de carrosse, était utilisée pour les services de diligences et de poste, faisant la renommée du transport dans tout le Sud-Ouest.
À la fin du XIXe siècle, les autorités zootechniques ont souvent regroupé le cheval charentais avec son voisin, le cheval vendéen. Bien que proches, le Charentais était souvent considéré comme un peu plus fin et plus « près du sang » que le Vendéen, en raison de l'influence plus marquée des courants de sang orientaux et anglais dans les plaines de l'Angoumois.
À cette époque, les foires de Ruffec, de Civray ou de Saint-Jean-d'Angély étaient des lieux de commerce intenses où les acheteurs de l'armée et de la haute société venaient chercher ces montures réputées pour leur « bon chic » et leur solidité.
Comme pour beaucoup de races de selle régionales, le XXe siècle a marqué un tournant brutal. La mécanisation de l'armée après la Première Guerre mondiale a réduit drastiquement les débouchés militaires. Le cheval charentais a alors dû s'orienter vers le sport et le loisir.
Cependant, la multiplication des races régionales (Angevin, Charolais, Vendéen, Charentais, etc.) rendait la gestion des stud-books complexe au niveau national. L'idée d'une fusion a commencé à germer pour créer une race de sport française compétitive à l'échelle internationale.
Le coup d'arrêt officiel de la race en tant qu'entité distincte intervient en 1958. Par décret, le Cheval Charentais, ainsi que les autres demi-sang régionaux, est intégré au stud-book unique du Selle Français.
Bien que le nom « Charentais » ait disparu des registres officiels, son sang coule encore dans les veines des meilleurs chevaux de sport actuels. Le Charentais a légué au Selle Français sa robustesse, son excellent mental et sa polyvalence.
Aujourd'hui, il ne reste de lui que le souvenir d'un cheval noble qui, pendant deux siècles, fut considéré comme l'un des plus beaux fleurons de l'élevage équin français.
Les points à retenir sur le Charentais
L'Héritier des Marais
 
Ses ancêtres étaient des chevaux rustiques vivants dans les zones humides (marais de Rochefort et Brouage), ce qui lui a légué une résistance naturelle et des pieds très sûrs.
Le Favori des Officiers
 
Au XIXe siècle, il était considéré comme l'un des meilleurs chevaux de remonte pour l'armée française, apprécié pour son endurance et son « chic » lors des parades.
Le Haras de Saintes
 
Le Haras National de Saintes (créé en 1846) a été le centre historique de la sélection et de l'amélioration de cette race.
Un Pilier du Selle Français
 
En 1958, le Charentais a rejoint le stud-book unique du Selle Français. Il a apporté à cette nouvelle race son mental exceptionnel et sa polyvalence sportive.
Double Aptitude
 
Contrairement à certaines races uniquement destinées à la selle, le Charentais excellait aussi à l'attelage rapide (diligences), montrant une force de traction remarquable pour un cheval si élégant.
Les dates clés du Charentais
XVIIe siècle
 
Amélioration des chevaux des marais par des étalons espagnols et orientaux.
XIXe siècle
 
Apogée de la race comme cheval de remonte pour la cavalerie légère française.
1846
 
Création de la Société d'Encouragement pour l'Élevage du Cheval de Guerre en Charente.
1914-1918
 
Utilisation massive du Charentais sur les champs de bataille de la Grande Guerre.
1958
 
Disparition officielle de la race par intégration dans le stud-book du Selle Français.
L'essentiel sur le Charentais
Nom de la race
 
Cheval Charentais (parfois appelé demi-sang charentais).
Origine
 
France (Provinces de l'Aunis, de la Saintonge et de l'Angoumois).
Type
 
Demi-sang (cheval de selle et de trait léger).
Taille
 
Généralement entre 1,60 m et 1,68 m.
Morphologie
 
Silhouette élégante et équilibrée, ossature solide, poitrine profonde et épaule inclinée (favorable au galop).
Influence Génétique
 
Croisement de juments rustiques des marais avec des étalons Pur-Sang Anglais, Arabes et espagnols.
Robes
 
Principalement Bai, Alezan et Gris.
Tempérament
 
Réputé pour son équilibre mental, son courage et sa grande docilité.
Utilisations Historiques
 
Cavalerie légère (remonte militaire), attelage de poste (carrossier), saut d'obstacles.
Statut Actuel
 
Race éteinte en tant qu'entité propre ; fondue dans le Selle Français en 1958.
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