Le Dawand

L'histoire du Cheval Dawand est le reflet fidèle de l'histoire afghane : fière, résiliente et indissociable de l'art de la guerre et de la compétition. Ce « coureur des steppes » demeure le témoignage vivant d'une culture équestre où la vitesse n'est pas un sport, mais une condition de survie et d'honneur.

L'Abyssinien, un cheval originaire de l'Éthiopie
L'Abyssinien, un cheval originaire de l'Éthiopie
L'Abyssinien sur un bloc acrylique
Un dessin cartoon d'un cheval Adaev
Un dessin cartoon d'un cheval Adaev
L'Adaev sur un tablier
La tête d'un cheval Abbayan devant un désert
La tête d'un cheval Abbayan devant un désert
L'Abbayan sur une tenture
La tête du Cheval Abtenauer avec une robe alezan
La tête du Cheval Abtenauer avec une robe alezan
L'Abtenauer sur un bonnet
L'Histoire du Cheval Dawand : Le Galopeur des Steppes Afghanes
 
Le cheval Dawand (dont le nom signifie littéralement « celui qui court » ou « le coureur » en persan - dari) n'est pas seulement une race, mais une lignée d'élite au sein de la mosaïque équine de l'Afghanistan. Son histoire est celle d'une sélection rigoureuse tournée vers une seule obsession : la vitesse pure combinée à l'agilité nécessaire pour le sport national, le Buzkashi.
L'histoire du Dawand s'inscrit dans la longue tradition des chevaux de selle d'Asie Centrale.
Le carrefour des sangs : Le Dawand est issu du croisement séculaire entre les chevaux Turkomans (ancêtres de l'Akhal-Teke), réputés pour leur vitesse et leur finesse, et les chevaux locaux de type Qatgani ou Yabu, connus pour leur robustesse et leur endurance en montagne.
La sélection par la fonction : Contrairement aux races européennes sélectionnées sur des critères esthétiques, l'histoire du Dawand est purement fonctionnelle. Les tribus du Nord de l'Afghanistan (notamment dans les provinces de Balkh, Kunduz et Baghlan) cherchaient à produire un cheval capable de démarrages explosifs pour distancer les adversaires lors des mêlées cavalières.
Le Buzkashi (jeu de la carcasse de chèvre) a été le principal moteur de l'évolution de la race.
Le rôle du « Runner » : Dans une équipe de Buzkashi, tous les chevaux n'ont pas le même rôle. Alors que certains sont sélectionnés pour leur masse (pour s'imposer dans le « cercle de justice »), le Dawand a été historiquement sélectionné pour être le « sprinteur ».
Sa mission était de s'emparer de la carcasse et de s'échapper à une vitesse telle qu'aucun autre cavalier ne puisse le rattraper.
L'influence des Chapandaz : Les grands cavaliers (Chapandaz) et les seigneurs locaux (Khans) ont entretenu des lignées de Dawand comme de véritables trésors de guerre. La généalogie de ces chevaux était souvent transmise oralement, se concentrant sur les performances des pères et des mères lors des grands tournois royaux de Kaboul.
L'histoire moderne du cheval Dawand est marquée par les turbulences politiques de l'Afghanistan.
L'Âge d'Or (1930 - 1970) : Sous la monarchie, l'élevage du Dawand a prospéré. Les tournois organisés pour l'anniversaire du roi étaient l'occasion de présenter les meilleurs spécimens, attirant l'attention des observateurs internationaux sur cette race de sport unique.
La menace de l'extinction : Pendant l'invasion soviétique (1979-1989) et les guerres civiles qui ont suivi, l'élevage a gravement souffert. De nombreux chevaux d'élite ont été emmenés au Pakistan ou ont péri lors des combats. La structure même des haras tribaux a été désorganisée.
La résilience de l'élevage : Malgré ces décennies de chaos, les éleveurs afghans ont réussi à préserver les lignées fondamentales du Dawand en cachant leurs meilleurs étalons dans les vallées reculées de l'Hindou Kouch.
Aujourd'hui, le cheval Dawand connaît un regain d'intérêt avec la stabilisation relative de certaines régions du Nord.
Un symbole de statut : Posséder un véritable Dawand reste un signe de prestige immense en Afghanistan. La sélection continue d'être opérée de manière traditionnelle, en privilégiant l'intelligence de course et la rapidité.
Vers une reconnaissance ? Bien que le Dawand ne possède pas encore de stud-book international au sens occidental, les autorités équestres afghanes travaillent à recenser ces chevaux pour protéger ce qui est considéré comme le « levier de vitesse » du patrimoine culturel afghan.
Les points à retenir sur le Dawand
L'Athlète du Nord
 
Contrairement aux chevaux de bât plus massifs, le Dawand est l'équivalent d'un « sprinteur » d'athlétisme. Il est sélectionné exclusivement pour sa capacité à produire une accélération brutale.
Indissociable du Buzkashi
 
Dans ce jeu brutal et prestigieux, le Dawand est l'atout stratégique. Il n'est pas utilisé pour le contact physique au centre de la mêlée, mais pour la phase finale de la course vers le « cercle de justice ».
Un Trésor Tribal
 
L'élevage d'un vrai Dawand est une affaire d'honneur. Les grands propriétaires (les Khans) investissent énormément dans leur entraînement, qui comprend des régimes alimentaires spécifiques et des exercices de musculation rigoureux.
Résilience Historique
 
Malgré les décennies de conflits en Afghanistan qui ont menacé les structures d'élevage, les lignées les plus précieuses ont été préservées par les familles d'éleveurs dans les vallées reculées du Nord.
Intelligence de Course
 
Au-delà de sa vitesse, le Dawand est apprécié pour son « sens du jeu ». Il est capable d'anticiper les mouvements des autres chevaux et de réagir aux sollicitations de son cavalier avec une précision millimétrée.
Les dates clés du Dawand
Antiquité - Moyen-Âge
 
Formation du type par croisement entre chevaux de selle persans et poneys des steppes.
XVIIIe - XIXe siècles
 
Fixation du type « Dawand » spécifiquement pour les besoins de vitesse du Buzkashi.
1920 - 1978
 
Apogée de la race sous le patronage royal ; premières descriptions par les voyageurs occidentaux.
1979 - 2001
 
Période de déclin et de dispersion des lignées due aux guerres.
Depuis 2002
 
Efforts de reconstruction des lignées d'élite et retour des grands tournois nationaux.
L'essentiel sur le Dawand
Nom de la race
 
Dawand (signifie « Celui qui court » ou « Le coureur » en dari).
Origine
 
Afghanistan (Provinces du Nord : Balkh, Kunduz, Baghlan, Samangan).
Type
 
Cheval de selle léger, typé sport et vitesse.
Taille au garrot
 
Environ 1,40 m à 1,55 m.
Morphologie
 
Silhouette élancée de galopeur : encolure longue, épaule inclinée, arrière-main très puissante pour des démarrages explosifs et membres secs.
Influence génétique
 
Croisement historique entre le cheval Turkoman (vitesse) et des souches locales robustes comme le Qatgani.
Tempérament
 
Vif, ardent, intelligent et extrêmement réactif. Nécessite un cavalier expérimenté.
Signe distinctif
 
Son rôle de « sprinteur » spécialisé capable de s'échapper à une vitesse fulgurante.
Utilisation majeure
 
Buzkashi (sport national) : cheval chargé de s'emparer de la carcasse et de distancer la mêlée.
Autres utilisations
 
Courses traditionnelles de galop, symbole de prestige social et de richesse pour les chefs tribaux.
Statut de la race
 
Lignées d'élite gérées par tradition orale ; rare en dehors de l'Afghanistan.
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La tête du Cheval Abyssinien, un blason et un paysage désertique
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Le Cheval Afghan et un paysage de l'Afghanistan
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Un dessin de style chibi du Cheval Adaev
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