C'est en 1885 que la race sera enfin reconnue par le ministère de la Défense de Hongrie et que le Stud-book sera créé. Au début du XXème siècle, la race constituera une des cinq lignées élevées au Haras National de Mezohegyes. Par la suite, le Gidran est exporté vers le Japon pour servir d'améliorateur aux races de chevaux du pays.
Comme beaucoup d'autres races, le Gidran connaîtra un déclin au cours de la Première Guerre Mondiale (1914 à 1918). La reconstitution de la race, devenue indispensable, la Hongrie décide de croiser le Gidran avec l'Arabe et le Kisber, ce qui permettra sans doute d'endiguer le problème de tempérament acquis suite aux croisements avec le Pur Sang. Répertorié en trois lignées distinctes, le cheptel sera transféré Haras National de Dalmand. Malgré sa présence dans plusieurs élevages, dont celui de Radovec en Croatie et de Kladruby en Bohême, l'effectif du Gidran continuera de diminuer dangereusement.
Par la suite, le Gidran est exporté en Europe de l'Est pour participer à des compétitions de saut d'obstacles ou améliorer d'autres races, notamment pour le développement du Malopolski en Pologne.
Essentiellement croisé avec l'Arabe Shagya, le Pur Sang et le Kisber de 1950 à 1960, des juments de la race, aux caractéristiques rustiques, vont être installées, au cours de l'année 1976 et 1977, dans un élevage créé par l'OTAF (Inspection nationale de l'agriculture et de l'élevage), suivi par l'importation de deux étalons originaire de Bulgarie, dans l'objectif d'augmenter les effectifs. Peu à peu, l'élevage va s'orienter vers un cheval plus polyvalent et plus harmonieux.
Mais rien n'y fait, malgré un regain d'intérêt dans les années 1990, le Gidran reste, en Hongrie, la race possédant le plus faible effectif en 1996. Et la cessation de l'échange de reproducteurs, en 1989, avec la chute du communisme, ne va rien arranger. C'est au cours de la même année qu'une association sera mise en place. Après l'aboutissement, en 2005, d'un travail de détermination des lignées des juments de la race, un Stud-book officiel sera publié.
Avec environ 320 individus en Hongrie, 50 en Roumanie, 70 à 75 en Croatie et 20 en Bulgarie, le Gidran, qui a un statut de trésor national dans son pays, est culturellement important, c'est pour cette raison qu'il est indispensable de préserver cette race devenue rare. Avec sans doute pas plus de 500 individus au total, les mesures prises doivent absolument se révéler efficaces.