Ancien cheval de selle très réputé, le Limousin a des origines qui remontent probablement à l'antiquité si l'on se réfère à la stèle de la déesse Épona qui a été découverte à Jabreilles les Bordes en France. De plus, la région limousine, qui était une cité gauloise, était dore et déjà réputée pour son élevage de chevaux. Toutefois, les preuves écrites de son existence sont incontestables seulement à partir du Moyen Âge.
C'est un cheval qui, tout au long de son histoire, a toujours été reconnu comme un animal prestigieux. Il a sans doute été croisé avec l'Arabe, mais aussi avec le Barbe, dont il est porche, qui a été amené dans le Limousin après les croisades et de l'Espagne. Cette version est plus que probable car, à cette époque, des chevaux orientaux sont bien arrivés dans la région.
Une incertitude demeure, c'est le lieu exacte où la race était élevée, pour certains, ses ancêtres seraient arrivés avec Charles Martel après les avoir confisqué à la fin des invasions Arabes.
Entre le XVIème siècle et le XIXème siècle, le Limousin était considéré comme le meilleur cheval de selle de France, et parfois même d'Europe.
Son élevage, à cette époque, est assuré par des haras qui vont s'installer dans la région, et il va acquérir une grande réputation. Il va devenir le cheval préféré de la cour et de la noblesse. Pour exemple, le roi Henri IV achètera à prix d'or un étalon en 1603. Même les célèbres Antoine de Pluvinel, Jérôme de Pontchartrain et Buffon rejoindront l'opinion générale en le décrivant comme un cheval excellent, beau et gentil. Cette popularité va franchir les frontières, si l'on considère les commentaires du directeur de l'école vétérinaire de Turin et ceux de l'agronome anglais Arthur Young qui affirme que le Limousin est la meilleure race de chevaux en France. Sa réputation va atteindre son apogée après le règne de Louis XV, quand une centaine d'éleveurs le développeront, ce qui ne manquera pas de lui faire perdre quelques unes de ses qualités, faute de rigueur dans la sélection.
Nul n'aurait pu se douter, que la très modeste Mule, beaucoup moins chère et très travailleuse, allait lui faire de l'ombre à la fin du XVIIIème siècle, sans compter les ravages lors de la Révolution française qui va faire descendre son effectif. Même les guerres napoléoniennes, qui créées une forte demande, ne vont pas permettre de maintenir le niveau de l'élevage.
Outre les problèmes de concurrences, c'est réellement la Révolution française qui va avoir des conséquences désastreuses sur le Limousin. Entre le haras de Pompadour qui va fermer ses portes, la dissémination des chevaux et la réquisition d'un grand nombre d'individus à partir de 1790 pour la guerre de Vendée, l'élevage n'aura aucune chance de s'en sortir indemne.
Par crainte de nouvelles réquisitions, l'élevage est presque suspendu après 1800, ce n'est qu'en 1806, à la réouverture du haras de Pompadour que le Limousin va pouvoir être relancé en le croisant avec l'Arabe. Mais le résultat ne sera pas à la hauteur des espérances. Ce sont les courses hippiques de Pompadour qui vont donner un nouveau souffle à la race, quand quelques individus vont se démarquer au travers de leurs performances. C'est à cette époque qu'il va être croisé avec le Pur Sang, ce qui va augmenter sa taille et sa vitesse, mais diminuer considérablement sa résistance.
Une race va à nouveau lui faire de l'ombre en 1850, il s'agit de l'Anglo Normand qui à l'avantage d'avoir les compétences nécessaires autant à l'attelage que sous la selle.
Au XIXème siècle, la gloire du Limousin est derrière lui, par le fait de la popularité du Pur Sang Anglais et l'engouement pour les chevaux polyvalents. Finalement le Limousin n'est plus le symbole de son haras natal et les éleveurs restant vont de plus en plus le croiser avec Pur-sang, c'est ainsi qu'au début du XXème siècle, l'ancien type Limousin laisse la place au « demi-sang limousin ». La race du cheval Limousin, tel qu'elle était n'existe plus, et va être considérée comme perdue.