Alors que le
Pur-Sang Arabe de la
péninsule arabique est mondialement célèbre, son cousin, l'
Arabe Persan, ou
Arabe d'Iran, représente l'une des branches les plus anciennes, les plus pures et les plus fascinantes de la famille des
chevaux orientaux.
Originaire des plateaux et des plaines du
Khouzistan, au sud-ouest de l'
Iran, ce
cheval est le fruit d'une symbiose millénaire entre la culture persane et les lignées de
chevaux du désert.
L'histoire de l'
Arabe Persan remonte à plus de
2 000 ans.
L'
Iran (l'ancienne Perse) a toujours été une terre de cavaliers, célèbre pour ses chevaux
Niséens de l'
Antiquité.
L'
Arabe Persan s'est développé principalement dans la région du
Khouzistan, une zone géographique qui fait le pont entre le plateau iranien et les plaines de
Mésopotamie.
C'est ici que les tribus nomades arabes installées en
Iran depuis des siècles ont élevé ces
chevaux, en préservant une pureté génétique stricte tout en les adaptant à un environnement plus varié et parfois plus rude que celui du désert central d'
Arabie.
Pour les éleveurs iraniens, le mot d'ordre est «
Asil »
(pur).
Contrairement à l'élevage international qui a parfois privilégié l'esthétique pour les concours de beauté
(show), les tribus du
Khouzistan (comme les Bani Turuf ou les Bakhtiaris) ont conservé le
cheval Arabe pour ses qualités originelles.
La guerre et la chasse : Le cheval devait être un athlète capable de porter un cavalier armé sur de longues distances.
La généalogie orale : Pendant des siècles, les lignées ont été transmises oralement, avec une importance capitale accordée à la lignée maternelle.
L'histoire moderne de l'
Arabe Persan est indissociable d'une figure emblématique :
Mary Gharagozlou (décédée en 2001).
Dans les années
1970, elle a entrepris un travail colossal pour recenser les
chevaux «
Asil » éparpillés parmi les tribus nomades d'
Iran.
Grâce à sa détermination, elle a réussi à faire reconnaître l'
Arabe Persan par la
World Arabian Horse Organization (WAHO) en
1976.
Elle a prouvé au monde que l'
Iran possédait un réservoir génétique d'une pureté exceptionnelle, préservé des croisements modernes, et représentant peut-être la forme la plus archaïque et authentique du
cheval Arabe.
Aujourd'hui, l'
Arabe Persan est considéré comme un trésor national en
Iran.
Bien que le pays compte environ
40 000 chevaux de type
Arabe, seule une petite fraction est certifiée «
Asil »
(pure lignée iranienne sans sang étranger).
L'élevage
iranien moderne tente aujourd'hui de concilier la préservation de ce patrimoine génétique unique avec les exigences des sports équestres contemporains, notamment l'endurance, où l'
Arabe Persan excelle naturellement grâce à ses siècles de sélection par le climat et le travail.
L'
Arabe Persan est bien plus qu'une variante géographique.
Il est le lien vivant entre la
Perse antique et l'élégance du désert.
En préservant des lignées que l'on pensait disparues, l'
Iran offre au monde équestre une leçon de conservation et un accès aux racines mêmes de ce que signifie être un «
Pur-Sang ».
Comme le disent les éleveurs du
Khouzistan : «
Le cheval Arabe est né dans le désert, mais il a trouvé sa noblesse sur les terres d'Iran ».