Une race de chevaux destinée au tourisme équestre, issue du croisement entre l'Arabe et le Somalien
Si le monde équestre connaît bien les lignées d'
Arabie ou d'
Égypte, l'histoire du
cheval en
Somalie, souvent désigné sous le nom de
cheval Somalie (fortement imprégné de sang Arabe), est une épopée fascinante de résilience.
Située face à la
péninsule arabique, séparée seulement par le
golfe d'Aden, la
Somalie a développé un type de
cheval unique, forgé par la
guerre, le commerce et un environnement semi-désertique impitoyable.
L'histoire de l'
Arabe Somalie est indissociable des échanges millénaires entre la
Corne de l'Afrique et le
monde arabe.
Depuis l'
Antiquité, le commerce de l'encens, de la myrrhe et du bétail a favorisé l'importation d'étalons de la
péninsule arabique.
Les populations locales, particulièrement les clans nomades du
Nord (Somaliland et Pount) et les habitants des côtes
(Bénadir), ont croisé ces
chevaux avec des souches locales et
éthiopiennes (Abyssinie).
Le résultat fut un
cheval de type «
Arabe périphérique », plus petit que l'
Arabe du
Nejd, mais d'une rusticité dépassant l'imagination.
Au
Moyen Âge et durant la
Renaissance, le
cheval était le pilier de la puissance des grands sultanats somaliens, comme le
Sultanat d'Adal.
Lors des
guerres contre l'
Empire éthiopien au
XVIème siècle, l'imam
Ahmad ibn Ibrahim al-Ghazi (dit Ahmed Gragn) s'appuyait sur une cavalerie légère redoutable.
Ces
chevaux, agiles et rapides, permettaient des attaques éclairs dans des terrains escarpés où des
chevaux plus lourds auraient péri.
Posséder un
cheval «
Asil » (pur) était, pour un chef de clan somali, le signe ultime de noblesse et de pouvoir.
L'apogée historique de ce
cheval se situe durant la résistance contre les colonisations
britannique,
italienne et
éthiopienne, menée par
Sayyid Mohammed Abdullah Hassan (surnommé le « Mullah fou » par les colons).
Le
Sayyid était un cavalier hors pair et un éleveur passionné : Il a organisé une cavalerie de milliers d'hommes, les
Derviches.
Ses
chevaux étaient célèbres pour leur capacité à
galoper des journées entières avec une simple poignée de dattes et un peu d'eau saumâtre.
C'est sur ces
chevaux que les
Somaliens ont infligé des défaites mémorables aux troupes britanniques, avant que l'aviation ne mette fin à la résistance en
1920.
Le
XXème siècle a été sombre pour le
cheval Somalie : La motorisation, puis les décennies de guerre civile et d'instabilité ont décimé les troupeaux.
L'élevage traditionnel nomade a été bouleversé, et de nombreuses lignées historiques ont disparu.
Aujourd'hui, des efforts renaissent, notamment au
Somaliland et dans certaines régions du
Pount, pour recenser et protéger ces derniers «
fils du vent »
Somaliens.
Ils ne sont pas seulement des animaux, ils sont les derniers témoins d'une époque où la poésie et la guerre se faisaient à dos de
cheval.
L'
Arabe Somalie est le témoin de la symbiose entre deux mondes : l'
Afrique et l'
Arabie.
Moins spectaculaire que l'
Arabe de show, il est pourtant l'un des exemples les plus purs de ce que la sélection naturelle et la nécessité guerrière peuvent produire de meilleur : un athlète de survie à l'élégance intemporelle.