Le nom «
Alter Real » provient donc de la ville d’implantation
(Alter) et de son statut de haras royal
(Real).
Pendant près d’un demi-siècle, l’
Alter Real connaît un succès fulgurant.
Sélectionné pour sa
robe baie
(sa marque de fabrique), son port de
tête altier et son aptitude naturelle au rassembler, il devient le favori de l'
École Royale d'Équitation de
Lisbonne.
À cette époque, l'
Alter Real est considéré comme l'un des meilleurs
chevaux de
dressage au monde, rivalisant avec les montures de l'
École Espagnole de Vienne.
Le
XIXème siècle manque de faire disparaître l'
Alter Real à plusieurs reprises.
Lors des invasions
Napoléoniennes au début du siècle, les troupes françaises pillent le haras d’
Alter do Chão, et les meilleurs spécimens sont emmenés ou dispersés.
Pour tenter de sauver l'élevage, des croisements malheureux sont effectués avec des
Pur-sang anglais, des
Arabes et des
Hanovriens, ce qui dilue le sang d'origine et altère le tempérament du
cheval.
En
1910, la chute de la monarchie portugaise porte un coup presque fatal au
haras.
Les archives sont détruites, les haras royaux sont fermés et les
chevaux sont destinés à des tâches utilitaires ou militaires, loin de la splendeur des cours.
L’existence même de l’
Alter Real aujourd’hui tient au dévouement d’un seul homme : le
Dr Ruy d’Andrade.
Dans les années
1930, alors qu'il ne reste que quelques individus présentant les caractéristiques pures de la lignée, cet éminent hippologue décide de racheter les derniers spécimens et de relancer l’élevage à titre privé.
Grâce à une sélection rigoureuse basée sur les
juments et les
étalons les plus typés, il parvient à stabiliser à nouveau la race.
En
1942, il remet le cheptel au ministère de l’Agriculture
portugais, permettant la réouverture officielle du haras d’
Alter do Chão.
Depuis
1979, l’
Alter Real a retrouvé sa place légitime sur la scène mondiale grâce à la création de l’
École Portugaise d'Art Équestre (EPAE).
Cette institution n’utilise que des
chevaux Alter Real (exclusivement des mâles de robe baie) pour ses représentations de
Haute École.
L'
Alter Real n'est plus seulement un
cheval de tradition ; il s'illustre également dans les compétitions de
dressage moderne, apportant sa force, sa souplesse et son intelligence sur les carrières internationales.
Passé du faste des palais aux affres de l'oubli, il a su renaître grâce à la passion des
portugais pour leur patrimoine.
Aujourd’hui, lorsqu’on admire un
Alter Real exécuter un passage ou une pirouette au son de la musique, on ne voit pas seulement un athlète, mais trois siècles d’histoire portugaise en mouvement.