Bien que l'
Anadolu moderne soit le résultat de nombreux croisements, il porte en lui le patrimoine génétique de ces anciens chevaux de l'âge du bronze, sélectionnés pour leur endurance sur les terrains escarpés de l'
Asie Mineure.
Le tournant majeur dans l'histoire de la race survient au
XIème siècle, avec les migrations des tribus turques venues d'
Asie centrale (les Seldjoukides).
Ces cavaliers nomades apportèrent avec eux leurs propres montures : des chevaux de type
mongol et
turkmène.
Le croisement entre ces
chevaux rustiques d'
Asie centrale et les populations équines locales d'
Anatolie a donné naissance au socle de la race
Anadolu.
C'est à cette époque que le
cheval acquiert sa légendaire résistance aux privations et son aptitude à parcourir de longues distances sur des sols arides.
Sous l'
Empire Ottoman, l'
Anatolie est devenue un carrefour stratégique.
Les sultans et les dignitaires cherchaient à améliorer la vitesse et l'élégance des
chevaux locaux.
Pendant des siècles, le sang
Arabe a été introduit massivement dans les lignées d'
Anatolie, notamment pour les
chevaux destinés à la cavalerie légère
(les Sipahis).
L'
Anadolu a alors commencé à se décliner en plusieurs variantes régionales selon les besoins
(plus fin près des côtes, plus trapu dans les montagnes).
Cependant, le type «
poney » est resté la norme pour la population rurale, car lui seul pouvait survivre avec le fourrage pauvre des hauts plateaux.
Le plateau
anatolien est une terre de contrastes, avec des étés brûlants et des hivers glaciaux.
Pendant des siècles, l'
Anadolu a été le «
cheval à tout faire » du paysan
turc.
Il n'était pas élevé dans des haras luxueux, mais vivait au plus près de l'homme, partageant son labeur dans les champs et transportant les marchandises sur les routes de la soie.
Cette sélection par le travail et le climat a créé un
cheval d'une santé de fer, au
pied sûr, capable de travailler là où un
cheval de sang européen s'épuiserait.
Avec la chute de l'
Empire Ottoman et la modernisation de la
Turquie sous
Mustafa Kemal Atatürk, l'importance militaire du
cheval a décliné.
La mécanisation de l'agriculture dans la seconde moitié du
XXème siècle a également réduit les effectifs.
Beaucoup de
chevaux Anadolu ont été croisés avec des races plus grandes pour l'armée ou l'agriculture lourde, menaçant le type original.
Heureusement, depuis quelques décennies, les autorités
turques et les passionnés de patrimoine ont pris conscience de la valeur de ce réservoir génétique unique.
De la splendeur des chars hittites aux patrouilles des
Sipahis ottomans, jusqu'aux sentiers escarpés des montagnes du
Taurus aujourd'hui, ce petit
cheval est resté fidèle à sa terre.
Il incarne l’âme de l’
Anatolie : humble, infatigable et indomptable.
Aujourd'hui, il est célébré comme un trésor culturel national, symbole d'un lien millénaire entre le peuple
turc et la nature sauvage.