Le berceau de la race se situe dans la
plaine d'Eleia, dans la région du
Péloponnèse, non loin d'
Olympie.
Cette région a toujours été réputée pour ses chevaux puissants, mentionnés dès l'
Antiquité pour leur robustesse lors des
Jeux Olympiques et dans les récits d'
Homère.
Cependant, le véritable tournant historique survient au
XIIIème siècle, lors de la domination des croisés
(le Grand Duché de Morée).
Les chevaliers francs et latins amenèrent avec eux de lourds
chevaux de guerre européens pour porter leurs armures.
Ces
chevaux se sont croisés avec les populations locales plus légères.
Le résultat fut un
cheval d'une taille et d'une force inédites pour la région.
Au fil des siècles, sous l'occupation
Ottomane, l'
Andravida a continué d'évoluer.
Des apports de sang
Arabe ont été introduits pour affiner la silhouette et augmenter l'endurance, sans pour autant sacrifier la puissance de l'
ossature héritée des
chevaux de guerre.
Au
XIXème et au début du
XXème siècle, le gouvernement grec a officiellement soutenu l'élevage de l'
Andravida pour répondre aux besoins de l'artillerie et de la cavalerie lourde.
À cette époque, posséder un
Andravida était un signe de richesse et de prestige pour les familles rurales du
Péloponnèse.
Comme beaucoup de races de
travail, l'
Andravida a failli disparaître avec l'arrivée du tracteur.
Dans les années
1990, la population a chuté de manière alarmante, avec seulement quelques dizaines de spécimens purs restants.
La race était au bord de l'
extinction totale.
Heureusement, grâce à la passion d'éleveurs locaux et à l'aide de l'État
grec, un plan de sauvetage a été mis en place.
Un
étalon noir nommé
Pegasus est devenu le symbole de cette renaissance, servant de base pour reconstituer le cheptel.
Aujourd'hui, bien que les effectifs restent fragiles, l'
Andravida est célébré lors de foires équestres annuelles à
Andravida, attirant des milliers de spectateurs.
Il est désormais utilisé pour l'équitation de loisir, l'
attelage de prestige et continue d'incarner la fierté des agriculteurs d'
Eleia.
L’
Andravida est bien plus qu’un cheval ; il est le témoin vivant des vagues de conquêtes qui ont traversé la
Grèce.
Des chevaliers médiévaux aux agriculteurs modernes, il a porté sur son dos les espoirs et le travail d'une nation.
Le préserver, c'est garder intacte une page d'histoire où la force brute rencontre la
noblesse méditerranéenne.