Dans cette zone, ceux qui évoluent en montagne sont particulièrement appréciés, ce qui va engendrer une augmentation du nombre de naissances, car cette race, pas très exigeante, était sobre, rustique, solide et avait la réputation d'avoir un caractère plutôt facile et d'être un bon travailleur.
Mais à la fin du
XIXème siècle, de nombreux éleveurs remplacent les petits
chevaux de montagne par des
chevaux lourds et des vaches à forte production laitière et ils quittent alors les régions montagneuses au profit des plaines.
En effet, les conditions climatiques difficiles, les ont poussés à appauvrir les terres pour nourrir ces animaux plus gourmands en
pâture, et les derniers
hivers avaient été particulièrement rigoureux dans le sud du
Massif du Vercors.
Un «
pionnier », en la personne de
Monsieur Barraquand, refusa de quitter sa ferme situé sur
Ambel, et avait la conviction qu'il fallait conserver une race plus robuste et frugale, comme le
Barraquand, pour continuer à vivre dans cette région.
Se sentant trop vieux, c'est
Jules, son fils, qui repris le flambeau à l'âge de
14 ans, et en
1894, il fit l'acquisition de six
juments et d'
étalons qui furent à l'origine du troupeau.
A partir de
1908, le troupeau pris avait pour habitude d'aller dans les pauvres prairies de la
Crau, car les
pâturages du
Massif du Vercors et son hiver très rigoureux, ne permettait pas au cheptel de pouvoir survivre.
La qualité de ses méthodes d'élevage permis d'obtenir une stabilisation et une homogénéisation des caractéristiques de ces
chevaux qui avaient un type bien défini, et ses efforts furent récompensés par l'appellation de ce cheval sous le nom de «
Barraquand ».
Par la même, la pratique d'une sélection sévère lui permit, en
1914, de posséder près de
200 juments poulinières, et environ huit
étalons, ces derniers furent d'ailleurs approuvés par les
Haras pour la monte locale.
La première guerre de
1914 à
1918, eu pour effet de quelques peu stopper l'élevage, qui repris aussitôt lorsque la paix fut proclamée.
Afin d'assurer la pérennité de son élevage et sa survie en
hiver, la famille
Barraquand acheta, toute la montagne, de
Léoncel à
Font d'Urle, ce qui représente près de
800 hectares.
Pendant la deuxième guerre mondiale, de
1939 à
1945, le
Massif du Vercors fut la cible de tous les massacres et la ferme de la famille
Barraquand fut un lieu de résistance qui finit par être complètement détruit par les allemands et les animaux, quant à eux, furent soit tués, soit dispersés ou, en dernier lieu, réquisitionnés.
C'est le fils,
Frédéric Barraquand, qui prit son courage à deux mains, pour reconstituer péniblement l'élevage dans son domaine qui se situait à
Arles.
Il entreprit de retrouver des individus qui correspondaient aux standards de la race, ce qui lui permit de débuter l'élevage avec quelques
150 chevaux.
Mais il fut à nouveau en danger lors de la généralisation de la mécanisation, et malgré les qualités incontestables du
Barraquand, l'utilité d'un
cheval polyvalent devint secondaire.
Après une dernière transhumance en
1954,
Frédéric Barraquand décide, l'âme en peine, de dissoudre l'élevage en
1963.
C'était sans compter sur le petit fils de
Jules et neveu de
Frédéric,
Jean Louis Barraquand, qui entreprit en
1994 la reconstitution de l'élevage par le biais de trois
juments et d'un
étalon.
C'est ainsi qu'en
1997, l'effectif de la race fut estimé à
51 individus (3 étalons, 27 juments et 21 poulains), comprenant l'élevage de
Jean Louis mais également les poulinières qui étaient encore présentes dans le
Parc Naturel du Vercors.
Aujourd'hui, le
Barraquand est considéré comme un patrimoine régional, car il s'agit de la seule race de chevaux propre à la
Région du Rhône Alpes.
Le
Parc Naturel du Vercors oeuvre pour protéger ce
cheval en collaboration avec les éleveurs qui s'efforcent de relancer l'élevage. Au dernier recensement de
2010, on comptait un peu plus d'une centaine d'individus dans le
Massif du Vercors et d'une dizaine d'éleveurs.
Même si le nom officiel retenu par le
Ministère de l'agriculture le
18 juillet 2017 est «
Cheval du Vercors de Barraquand », il est d'usage, dans le
Midi de la
France d'imposer le nom de la famille
Barraquand pour désigner la race.