Les empereurs de
Chine menèrent des guerres pour obtenir ces «
chevaux célestes » qui, selon la légende, «
suaient du sang »
(un phénomène probablement dû à des parasites cutanés, mais qui renforçait leur aura mystique).
Ils étaient les montures de prédilection des cavaliers
scythes et des guerriers
perses, admirés pour leur vitesse et leur silhouette élancée.
Le véritable architecte de la race est le désert du
Karakoum, au
Turkménistan.
Dans cet environnement hostile, où les températures oscillent entre des chaleurs torrides et des froids glaciaux, la sélection naturelle n’a laissé place qu’à l’excellence.
La tribu des
Téké, qui vivait dans l’oasis d’
Akhal, a perfectionné la race pendant des siècles.
Contrairement aux autres peuples nomades qui élevaient leurs chevaux en grands troupeaux, les
Téké traitaient leurs
chevaux comme des membres de la famille.
Les chevaux étaient gardés près des tentes
(yourtes), enveloppés dans des couvertures de feutre pour les protéger du froid et nourris à la main avec des rations hautement énergétiques
(orge, luzerne, boulettes de graisse de mouton).
Cette proximité extrême a forgé le tempérament dévoué et sensible de l’
Akhal Téké, un
cheval souvent décrit comme celui «
d’un seul maître ».
Jusqu'au
XIXème siècle, la race était simplement connue sous le nom de
cheval Turkoman.
C’est après l’annexion du
Turkménistan par l’
Empire russe que le nom «
Akhal Téké » est apparu.
Il combine le nom de l’oasis
(Akhal) et celui de la tribu
(Téké) qui avait préservé les lignées les plus pures.
Le général
russe Kouropatkine, impressionné par ces
chevaux lors de ses campagnes, créa le premier haras impérial pour les préserver.
Les
Russes ont alors commencé à consigner les généalogies, sauvant ainsi la race d'une dilution certaine par des croisements non contrôlés.
L'un des moments les plus épiques de l'histoire de la race se déroule à l'époque soviétique.
Pour prouver la résistance incroyable de leurs
chevaux, un groupe de cavaliers
turkmènes entreprit en 1935 un raid de
4 330 kilomètres entre
Achgabat et
Moscou.
L'épreuve comprenait la traversée du
désert du Karakoum en trois jours, pratiquement sans boire.
Les
Akhal Tékés arrivèrent à
Moscou en excellente santé, surpassant toutes les autres races
Russes engagées.
Cet exploit a gravé pour toujours l'endurance de la race dans l'imaginaire mondial.
Après l'indépendance du
Turkménistan en
1991, l'
Akhal Téké est devenu le symbole suprême de la nation.
Il figure au centre de l'emblème national et du drapeau du pays.
Les présidents successifs ont utilisé ces
chevaux comme cadeaux diplomatiques de prestige, les offrant à des chefs d'État du monde entier.
Aujourd'hui, l'
Akhal Téké est une race protégée au niveau international.
Bien que ses effectifs restent faibles
(environ 6 000 à 8 000 individus dans le monde), sa présence est mondiale.
Il a influencé de nombreuses autres races, dont le
Pur-sang anglais, via l'
étalon Byerley Turk.
L'histoire de l'
Akhal Téké est celle d'une survie héroïque.
Des oasis de la
Route de la Soie aux haras de sport modernes, il a conservé son
allure de lévrier et son éclat métallique.
Il reste le témoin d'un temps où le
cheval n'était pas seulement un outil, mais un compagnon d'âme, forgé par le sable, le vent et le respect d'un peuple nomade.