À cette époque, le
cheval était déjà sélectionné pour sa capacité à se déplacer avec agilité sur des sentiers de chèvres et à supporter des hivers rigoureux.
C'était un animal de petite taille, mais doté d'une endurance qui forçait l'admiration des envahisseurs romains.
Le tournant majeur dans l'histoire de la race survient avec l'occupation
Ottomane, qui a duré près de cinq siècles
(du XIVème au XIXème siècle).
Durant cette période, les
chevaux locaux ont été massivement croisés avec des
étalons de race
Arabe, amenés par la cavalerie impériale.
Ce brassage a donné naissance à ce que l'on appelle parfois le type «
Arabo-Albanais ».
Ce croisement a apporté de l'élégance, de la vitesse et une plus grande finesse de traits au
poney illyrien originel, sans pour autant lui faire perdre sa rusticité légendaire.
Le
cheval est devenu l'outil indispensable de la résistance
albanaise, notamment sous le règne du héros national
Skanderbeg, dont la cavalerie légère était célèbre pour ses attaques éclair dans les montagnes.
Au fil du temps, deux types distincts se sont stabilisés en fonction du relief de l'
Albanie.
Le type des montagnes
(Myzeqeja), qui est plus petit
(environ 1,25 mètre à 1,30 mètre) et extrêmement sûr de
pied, est utilisé pour le bât et le transport dans les zones les plus inaccessibles.
Le type des plaines, qui est légèrement plus grand et plus puissant, a été développé pour les
travaux agricoles et le trait léger dans les régions côtières.
Pendant la période socialiste de l'
Albanie (de 1944 à 1991), l'État a pris le contrôle total de l'élevage.
Des centres spécialisés, comme le haras de
Shkodër, ont été créés pour améliorer la race.
Pour augmenter la force de
travail nécessaire à l'agriculture collective, des croisements ont été effectués avec des races étrangères comme le
Haflinger (pour la force en montagne) et le
Nonius (pour la taille).
Si ces croisements ont permis d'obtenir des animaux plus grands, ils ont également dilué une partie du patrimoine génétique originel.
Avec la chute du régime en
1991 et la mécanisation rapide de l'agriculture, l'élevage structuré s'est effondré, et le nombre de
chevaux Albanais a chuté drastiquement.
Aujourd'hui, le
cheval Albanais est considéré comme une
race en danger, bien qu'il reste omniprésent dans les zones rurales reculées où les voitures ne peuvent accéder.
Les autorités
albanaises et des organisations internationales cherchent désormais à protéger les lignées les plus pures, conscients que ce
cheval est un réservoir de gènes de résistance uniques au monde.
Témoin des batailles de
Skanderbeg, des caravanes
Ottomanes et du labeur acharné des paysans des
Balkans, il reste le symbole de la liberté et de la ténacité
albanaise.
Plus qu'un simple animal, il est le
fil d'Ariane qui relie l'
Albanie moderne à ses racines
illyriennes les plus profondes.