Le
Cheval de Transbaïkalie une monture des
Cosaques de
Sibérie, a apporté un peu plus de cadre et une aptitude naturelle au
travail sous la
selle et au portage de charges lourdes.
Dans cette région où les températures chutent régulièrement sous les
-40°C, la sélection naturelle a été le premier éleveur.
Seuls les individus dotés d'un métabolisme exceptionnel et d'une résistance
pulmonaire hors norme ont pu se reproduire.
L’histoire de la race est intrinsèquement liée à la création de l’
Armée des Cosaques de l’Amour au milieu du
XIXème siècle.
Pour patrouiller sur des milliers de kilomètres de frontières sauvages, l’Empire
russe avait besoin d’un
cheval capable de nager dans les courants violents du
fleuve Amour, de traverser des marécages profonds et de
galoper dans la
taïga dense.
L'
Amourski est devenu ce compagnon indispensable.
Il n'était pas le plus rapide, ni le plus élégant, mais il était infatigable.
Un
Cosaque pouvait compter sur sa monture pour parcourir des distances journalières incroyables sans que l'animal ne perde sa condition physique.
L'événement le plus célèbre de l'histoire de cette race est sans doute le voyage du lieutenant cosaque
Dimitri Pechkov.
En novembre
1889, il quitte
Blagovechtchensk (sur l'Amour) pour rejoindre
Saint-Pétersbourg.
Accompagné de son petit
cheval Amourski gris nommé
Serko, il parcourt près de
9 000 kilomètres à travers la
Sibérie en plein
hiver.
Pechkov arrive à la capitale impériale en
mai 1890, après
193 jours de voyage.
Serko, malgré les conditions extrêmes et les loups, arrive en excellente santé, impressionnant le
Tsar et la cour.
Cet exploit a prouvé au monde entier que le petit
cheval de l'
Amour possédait une endurance dépassant celle de n'importe quelle race européenne de l'époque.
Avec la révolution russe et la création de l'
Union soviétique, l'élevage a été réorganisé.
Pour répondre aux besoins de l'agriculture collective et pour augmenter la taille des
chevaux de cavalerie, des croisements massifs ont été opérés.
Des
étalons Trotteurs
Orlov,
Pur-sang et
Don ont été introduits dans les haras de la région.
Ces croisements ont donné naissance à un type plus grand et plus puissant, souvent appelé l'
Amur-Zabaikal, mais ils ont aussi fait reculer le type originel, plus petit et plus trapu.
Aujourd'hui, l'
Amourski pur est devenu rare.
Il survit principalement dans les zones rurales reculées de la région d'
Amour et de
Khabarovsk, où il est utilisé par les chasseurs, les éleveurs de rennes et pour le transport dans les zones inaccessibles aux véhicules.
Des efforts de préservation existent pour maintenir les lignées qui conservent la génétique de résistance exceptionnelle démontrée par
Serko un siècle plus tôt.
Le
cheval Amourski a été le moteur de la colonisation de l'
Extrême-Orient russe et le gardien de ses frontières.
Si sa silhouette s'est parfois fondue dans d'autres races plus modernes, son héritage de courage et d'endurance reste gravé dans la mémoire de la
Sibérie, incarnant la force brute d'une nature qui ne pardonne rien, mais récompense la ténacité.