L'histoire de l'
Anglo-Arabe commence véritablement au début du
XIXème siècle sous l'impulsion des
Haras Nationaux.
L'idée était de combiner les qualités athlétiques, la taille et la vitesse du
Pur-Sang Anglais avec la robustesse, l'intelligence et l'endurance de l'
Arabe.
Deux figures emblématiques ont marqué cette naissance.
Raoul de Bonneval est le premier grand artisan de ce croisement au
Haras National de
Pompadour.
Eugène Gayot, directeur des
Haras de Pompadour et de
Pau, a théorisé et fixé les bases de la race, affirmant que ce croisement produisait un animal supérieur pour la selle et la guerre.
Bien que la race ait été développée dans plusieurs régions, deux pôles majeurs se sont distingués.
Le siège historique où la sélection a été la plus rigoureuse, orientant la race vers l'élégance et la distinction, se situe dans le
Limousin (Pompadour).
Le
Sud-Ouest (Pau et Tarbes), est la région qui a produit des
chevaux plus près du sang, très réputés pour leur endurance et leur agilité, particulièrement prisés par la cavalerie légère.
En
1833, la race est officiellement reconnue, et un
stud-book (registre généalogique) spécifique est créé, imposant des règles strictes sur le pourcentage de sang
Arabe (minimum 25 %).
Pendant tout le
XIXème et le début du
XXème siècle, l'
Anglo-Arabe est devenu la monture de prédilection des officiers
français.
Sa bravoure au combat et sa capacité à parcourir de longues distances sur des terrains difficiles en faisaient un allié indispensable.
Il était considéré comme le «
cheval d'officier » par excellence, alliant fierté et obéissance.
Avec la fin des guerres de cavalerie, l'
Anglo-Arabe a su opérer une transition magistrale vers les sports équestres.
Sa polyvalence l'a mené sur tous les terrains.
Le
Concours Complet (CCE) est la discipline de prédilection de la race ; Grâce à son endurance et son intelligence, l'
Anglo-Arabe français a permis à la
France de remporter de nombreuses médailles olympiques.
Des champions comme
Ali Baba (champion olympique en 1952) ou plus récemment
Jappeloup (issu d'un croisement avec un trotteur, mais dont la morphologie et le sang rappelaient l'Anglo) ont prouvé que la race pouvait rivaliser avec les plus grands.
L'
Anglo-Arabe possède ses propres filières de
courses (plat et obstacle), particulièrement actives dans le
Sud-Ouest de la
France.
Aujourd'hui, l'
Anglo-Arabe français est exporté et utilisé pour améliorer de nombreuses autres races de sport dans le monde.
Son sang est recherché pour apporter du «
chic », de la réactivité et de la solidité aux chevaux de sport modernes
(Warmbloods).
L'histoire de l'
Anglo-Arabe est une réussite française unique.
En croisant le feu de l'
Orient avec la puissance de l'
Occident, les éleveurs français ont créé un athlète complet, d'une intelligence rare.
Plus qu'un simple
cheval, l'
Anglo-Arabe reste le symbole d'une tradition équestre qui allie l'esthétisme à la performance pure.