L'histoire de la race commence officiellement en
1981 à
Bad Honnef, en
Rhénanie-du-Nord-Westphalie.
Walter Feldmann Senior et son fils,
Walter Feldmann Junior, célèbres éleveurs de
chevaux islandais en
Allemagne, font un constat simple : le
cheval islandais est exceptionnel pour ses
allures supplémentaires (le tölt), mais sa petite taille peut être un frein pour certains cavaliers adultes, et son tempérament peut parfois manquer de la fluidité recherchée pour une équitation de pur confort.
Les
Feldmann imaginent alors un croisement audacieux.
Ils décident de marier le
cheval islandais (pour sa résistance au froid et son tölt inné) avec le
Paso Péruvien (pour sa taille plus importante, son élégance et sa démarche extrêmement confortable).
Pour stabiliser la race et garantir que le
cheval conserve les meilleures qualités de ses deux parents, les
Feldmann ont mis au point un schéma de reproduction rigoureux.
La
génération F1 est le croisement d'un
étalon Paso Péruvien avec un
Islandais pur : Le résultat est un hybride à
50/50.
La
génération R1 est le
produit F1 recroisé avec un
Islandais pur, créant un
cheval à
75 % Islandais et
25 % Paso Péruvien.
Le croisement final des
produits R1 et des
individus F1, donne l'
Aegidienberger «
idéal », qui possède techniquement
5/8 de sang
Islandais et
3/8 de sang
Paso Péruvien.
Ce dosage précis permet d'obtenir un
cheval plus grand que l'
Islandais (environ 1,43 mètre à 1,52 mètre), capable de vivre dehors toute l'année en
Allemagne, tout en possédant un
tölt naturel, ample et d'une grande douceur.
Le succès ne se fait pas attendre.
Les cavaliers de loisir allemands sont séduits par ce
cheval «
tout terrain » qui ne fatigue pas le dos du cavalier.
En
1994, la race est officiellement reconnue par les instances équestres
allemandes.
Un stud-book (registre généalogique) est ouvert, et le standard de la race est fixé.
Le nom «
Aegidienberger » rend hommage au lieu de naissance de la race :
Aegidienberg, le quartier de
Bad Honnef où se situe le
haras des Feldmann (le Gangpferdezentrum Aegidienberg).
Ce centre est devenu le cœur mondial de la race, où les critères de sélection restent parmi les plus stricts d'
Europe.
Depuis les années
1990, l'
Aegidienberger a quitté son berceau de
Rhénanie pour conquérir d'autres régions d'
Allemagne, ainsi que l'
Autriche et la
Suisse.
L'histoire de la race montre une évolution vers une spécialisation dans l'équitation de
randonnée et les concours d'
allures.
Bien que la population totale reste modeste
(environ un millier d'individus), l'
Aegidienberger a prouvé qu'une race moderne pouvait s'imposer durablement en répondant à un besoin spécifique : celui d'un
cheval porteur, résistant, doté d'un mental calme et d'allures naturellement confortables.
L'histoire de l'
Aegidienberger est un exemple rare de réussite en matière de création de race équine contemporaine.
En fusionnant les gènes des volcans d'
Islande et ceux des déserts du
Pérou sur le sol
allemand, la famille
Feldmann a créé un pont entre deux cultures équestres.
Aujourd'hui, l'
Aegidienberger n'est plus seulement un croisement, mais une race stabilisée qui symbolise l'innovation
allemande au service du bien-être du cavalier et du
cheval.