Les
chevaux de cette époque étaient les ancêtres des races de type «
Plateau Persan », robustes, capables de franchir les cols de l'
Hindou Kouch et de survivre à des climats extrêmes.
Au fil des siècles, le
cheval afghan est devenu le produit d'un brassage génétique unique.
Sa proximité avec le
Turkménistan a injecté le sang des célèbres
chevaux Turkmènes (ancêtres de l'Akhal Téké), apportant vitesse, élégance et une silhouette plus élancée, particulièrement dans le nord du pays
(régions de Balkh et de Mazar-e-Sharif).
Avec les invasions arabes au
VIIème siècle, le sang des
Arabes a également influencé les lignées, renforçant l'endurance et la finesse des traits.
Ce mélange a donné naissance à plusieurs variétés locales, comme l'
Habash ou le
Waziri, chacune adaptée à son terroir spécifique, des déserts de
Kandahar aux montagnes de l'est.
On ne peut comprendre l'histoire du
cheval afghan sans évoquer le
Buzkashi.
Ce sport national spectaculaire, où des cavaliers
(les Chopendoz) se disputent la carcasse d'une chèvre, a servi de laboratoire de sélection naturelle et artificielle pendant des siècles.
Pour le
Buzkashi, les éleveurs n'ont pas cherché la beauté, mais la puissance brute, l'intelligence et surtout l'absence de peur.
Le
cheval Bouzkashi doit être capable de pivoter sur place, de résister à la pression physique des autres chevaux et de comprendre le jeu presque autant que son cavalier.
Cette sélection a créé un cheval doté d'un mental d'acier, faisant de l'
Afghan l'un des
chevaux les plus courageux au monde.
L'histoire moderne du
cheval en
Afghanistan est marquée par les tragédies des conflits successifs.
Pendant les décennies de
guerre, le cheptel a durement souffert.
De nombreux
chevaux de grande valeur ont été perdus ou déplacés.
Cependant, le
cheval est resté un symbole de résistance.
Lors de l'invasion soviétique, les moudjahidines utilisaient ces
chevaux pour transporter des fournitures et mener des attaques éclair dans des zones inaccessibles aux véhicules.
Aujourd'hui, malgré les difficultés économiques, l'attachement des
Afghans à leurs
chevaux reste intact.
Des efforts de préservation sont menés par des éleveurs passionnés pour maintenir les lignées pures, notamment celles du type
Turkoman Afghan, réputé pour sa
robe brillante et sa résistance légendaire.
L'histoire du
cheval afghan est celle d'un survivant.
Témoin des conquêtes d'
Alexandre, des caravanes de la
Route de la Soie et des tournois de
Buzkashi, il incarne l'identité d'une nation qui n'a jamais cessé de chevaucher.
Il n'est pas seulement un animal de transport ou de sport ; il est le gardien de la fierté et de la liberté du peuple
afghan, un noble guerrier dont le
sabot résonne dans l'histoire de l'
Asie centrale.