La douceur du climat angevin et la qualité des
pâturages de la vallée de la
Loire ont favorisé, dès le
Moyen Âge, l'élevage de
chevaux légers.
Sous l'
Ancien Régime, la noblesse locale privilégiait des
chevaux élégants pour la
chasse et les déplacements.
Cependant, c'est l'influence des
Haras Nationaux, et plus particulièrement du
Haras d'Angers (créé en 1797), qui va structurer l'élevage et fixer les caractéristiques de l'
Angevin.
Au
XIXème siècle, pour répondre aux besoins de l'armée et de la bourgeoisie, l'élevage
Angevin opère une mutation majeure.
Les
juments locales sont croisées de manière systématique avec des étalons
Pur-Sang Anglais.
Ces croisements ont donné naissance à un cheval «
près du sang », plus grand et plus athlétique que l'ancien type.
L'
Angevin devient alors la monture de prédilection des officiers de cavalerie.
Sa proximité avec l'
École Nationale d'Équitation de Saumur (le Cadre Noir) renforce sa réputation d'excellent
cheval de manège et de
dressage.
L'histoire de l'
Angevin est intimement liée à celle des champs de bataille.
Réputé pour son endurance et son courage, il équipait les régiments de cavalerie légère.
Parallèlement, sa distinction en faisait un
cheval de luxe pour l'
attelage léger
(carrossier) et les premières compétitions de
saut d'obstacles qui commençaient à voir le jour à la fin du siècle.
On disait de lui qu'il possédait une «
épaule » magnifique et un caractère volontaire, des qualités héritées de son terroir calcaire qui favorise une ossature solide.
Comme beaucoup de races régionales
françaises (telles que le
Vendéen, le Charolais /rub>
3106 ou l'Anglo-Normand), l'
Angevin a vu son destin basculer au milieu du
XXème siècle.
Avec la mécanisation de l'armée et de l'agriculture, le besoin de
chevaux utilitaires a disparu au profit du
cheval de sport.
En
1958, le
stud-book de l'
Angevin est fusionné avec d'autres races de selle pour créer le
Selle Français.
Bien que le nom «
Angevin » ne soit plus utilisé officiellement pour désigner une race à part entière, son sang coule toujours dans les veines des meilleurs
chevaux de sport mondiaux.
L'
Angevin n'a pas disparu, il s'est transformé ; Il a légué au sport équestre
français son chic, son équilibre et cette aptitude innée pour le
saut d'obstacles.
Aujourd'hui, lorsqu'on observe un champion
français sur les terrains de concours internationaux, on y retrouve souvent, en filigrane, l'élégance guerrière et la distinction des anciens
chevaux des bords de Loire.