Le
cheval est un herbivore
monogastrique (un seul estomac) non-ruminant.
Son
système digestif est une prouesse de l'évolution, conçu pour une consommation quasi continue de petites quantités de fibres.
Contrairement à la vache qui rumine, le
cheval fermente les fibres dans la dernière partie de son
tube digestif.
Comprendre ce système est essentiel pour tout cavalier, car il est aussi performant qu'extrêmement fragile.
La partie supérieure : Ingestion et préparation
C'est sans la
bouche et avec les
36 à 44 dents du
cheval que tout commence.
La mastication n'est pas seulement mécanique ; elle déclenche la production de salive
(jusqu'à 40 litres par jour).
La
salive est cruciale car elle contient du
bicarbonate qui lubrifie les aliments et protège la muqueuse de l'
estomac contre l'acidité.
L'
œsophage est un tube musculaire d'environ
1,50 mètre.
Sa particularité ? Le
sphincter à l'entrée de l'
estomac (le cardia) est si puissant qu'il empêche tout reflux.
Le
cheval est donc
incapable de vomir, ce qui rend les
intoxications alimentaires ou les
surcharges gastriques particulièrement dangereuses.
L'estomac : Un réservoir de petite taille
Étonnamment, pour un animal de
500 kilogrammes, l'
estomac est très petit : environ
8 à 15 litres (la taille d'un grand ballon de rugby).
Vidange rapide : Il ne garde les aliments que peu de temps.
Sécrétion continue : L'
estomac produit de l'
acide chlorhydrique en continu, même quand le
cheval ne mange pas.
C'est pourquoi un
estomac vide pendant trop longtemps devient
acide, augmentant le risque d'
ulcères gastriques.
Digestion chimique : Les protéines et certains sucres commencent à y être décomposés.
L'intestin grêle : Le lieu des échanges
Mesurant environ
20 mètres, l'
intestin grêle est le site principal de la digestion
enzymatique.
Absorption : C'est ici que les protéines, les graisses, les vitamines et les sucres simples sont absorbés pour passer dans le sang.
Absence de vésicule biliaire : Le
cheval n'a pas de poche pour stocker la bile.
Celle-ci est sécrétée en continu par le foie directement dans l'
intestin, facilitant la digestion des graisses au fur et à mesure.
Le gros intestin : La chambre de fermentation
C'est la partie la plus volumineuse
(environ 60 % du système total).
Elle se compose du
cæcum et du
colon.
Le cæcum (Le « sac » de 30 litres) : Véritable cuve de fermentation, il héberge des milliards de
bactéries et de
protozoaires.
Ces micro-organismes cassent les fibres complexes
(cellulose) que le
cheval ne peut pas digérer seul, les transformant en énergie
(acides gras volatils).
Le grand colon : Long d'environ
3 à 4 mètres, il continue la
fermentation et commence à réabsorber l'
eau.
Son anatomie est complexe, avec des courbures étroites
(flexures) où le transit peut parfois se bloquer.
Le petit colon et le rectum : C'est ici que l'
eau restante est absorbée et que les crottins sont formés.
Les points de fragilité : Pourquoi les coliques ?
L'
appareil digestif du
cheval est sujet aux
coliques (douleurs abdominales) pour plusieurs raisons anatomiques :
La longueur et la mobilité des intestins : Les
intestins ne sont pas tous attachés à la paroi abdominale, ils peuvent donc se déplacer ou se tordre.
Les variations de diamètre : Le passage d'un
colon large à un
colon étroit favorise les
bouchons (impactions).
La flore intestinale sensible : Un
changement brusque de nourriture peut tuer les bonnes bactéries, libérant des
toxines et provoquant des
gaz ou des diarrhées.
Les clés d'une bonne digestion
Pour respecter la physiologie du
cheval, trois règles d'or s'imposent :
Fibres à volonté : Le
foin ou l'
herbe doivent être la base de l'alimentation pour occuper l'
estomac et nourrir la flore du gros intestin.
Repas fractionnés : Si l'on donne des granulés, il vaut mieux plusieurs petits repas qu'un seul gros.
Eau propre et constante : Une
hydratation parfaite est indispensable pour que le «
bol alimentaire » circule sans s'assécher dans les replis du colon.
En respectant ces principes, on préserve le «
second cerveau » du
cheval et on garantit sa santé sur le long terme.