Pour tous les passionnés qui placent le bien-être et la justesse au «
cœur de la relation avec les chevaux », comprendre l'acculement est essentiel pour préserver l'intégrité physique et mentale de l'animal.
Qu’est-ce que l’acculement ?
L'acculement est une défense du
cheval qui consiste à se porter en arrière ou à refuser d'avancer en portant tout son poids sur l'arrière-main, les hanches «
s'acculant » vers le sol.
Contrairement au reculer qui est un mouvement demandé et cadencé, l'
acculement est subi par le cavalier.
Le
cheval se fige, se contracte et semble vouloir s'enfermer dans une
bulle de résistance.
C'est l'antithèse absolue du mouvement en avant, pilier de l'équitation.
Pourquoi le cheval s’accule-t-il ?
L'
acculement n'est jamais gratuit ; il est le symptôme d'un
inconfort ou d'une
incompréhension.
Une main sans jambes : C’est la cause technique la plus fréquente.
Si le cavalier agit trop durement sur le
mors sans que les jambes n'entretiennent l'impulsion, le cheval se sent «
pris entre deux feux ».
Devant la barrière infranchissable de la main, il ne trouve d'autre issue
que de reculer.
La douleur ou l'inconfort : Un mal de
dos, des
ulcères gastriques, une
embouchure inadaptée ou des douleurs aux
jarrets peuvent pousser le
cheval à fuir l'effort en se mettant
derrière la jambe.
La peur ou le stress : Un
cheval qui a peur d'un obstacle ou d'une situation peut s'
acculer par
instinct de conservation, refusant de s'approcher de la «
menace ».
Une incompréhension des aides : Si le cavalier demande un
rassembler trop exigeant pour le niveau de
musculation ou de dressage du
cheval, celui-ci peut s'effondrer vers l'arrière, incapable de porter le poids vers l'avant.
Les dangers de l'acculement
Un
cheval qui s'
accule est un
cheval en danger, et son cavalier avec lui!
Le cabrer : L'acculement est souvent le préambule du
cabrer.
Le
cheval, ayant reporté tout son poids sur ses hanches et se sentant bloqué devant, peut chercher une issue vers le haut,
risquant le retournement.
Lésions physiques : Cette posture sollicite anormalement les
tendons et les articulations des
membres postérieurs (jarrets et boulets).
Rupture psychologique : Le
cheval perd confiance en la
main du cavalier, perçue comme une
punition plutôt que
comme un guide.
Comment réagir et corriger ?
Face à un
cheval qui commence à s'
acculer, la force est inutile et
contre-productive.
Il faut restaurer le
mouvement en avant.
Rendre les mains : Dès que le
cheval s'
accule, le cavalier doit immédiatement céder dans
ses doigts et ses bras pour ouvrir la porte de sortie devant.
Désaxer pour débloquer : On ne corrige pas un
acculement en restant droit.
Il faut utiliser une
rêne d'ouverture pour déporter les
épaules sur le côté.
En mobilisant les
épaules, on oblige le
cheval à bouger ses
pieds pour retrouver son équilibre, brisant ainsi la
phase de figement.
L'appel à la jambe (ou à la cravache de hanche) : Une fois la main rendue et le
cheval désaxé, une sollicitation nette des jambes doit encourager le
retour au pas.
Repartir sur des exercices simples : Une fois le blocage passé, il est inutile de
s'acharner sur l'exercice qui a provoqué la défense.
Revenez à des
cercles larges ou des
lignes droites au
trot pour restaurer l'
impulsion naturelle.
La règle d'or
L’
acculement est un cri d'alarme.
Il rappelle au cavalier que «
la main ne doit jamais agir sans que les jambes ne soient prêtes à répondre » .
En équitation de tradition, on dit que le cheval doit être «
entre la main et les jambes ».
Si la main domine, le cheval s'
accule ; si la jambe domine sans cadre, il s'échappe.
Le secret pour éviter l'
acculement réside dans la justesse de l'accord des
aides et, surtout, dans une écoute attentive des
capacités physiques de sa monture.
Un cheval qui a envie d'aller de l'avant
ne s'aculera jamais.