Si les
aplombs des membres concernent l'alignement des
os longs
(bras, canons, jarrets), les
aplombs du pied se concentrent sur la boîte cornée et sa relation avec la dernière phalange.
Un
pied bien d'
aplomb est la condition
sine qua non pour que les pressions au sol soient réparties uniformément, protégeant ainsi les structures sensibles internes
(os naviculaire, tendons, articulations).
L'examen des
aplombs du pied se fait sous trois angles principaux : de
profil, de
face et par le
dessous (vue solaire).
L'Axe phalangien : L'équilibre de profil
C'est le critère le plus crucial : Il s'agit de l'alignement entre le
pâturon et la paroi du
sabot.
L'Axe idéal : De profil, la ligne de la paroi antérieure du
sabot doit être strictement parallèle à la ligne du paturon.
On parle d'un
axe phalangien brisé ni en avant, ni en arrière.
Axe brisé en arrière (Pied plat, Long jointé) : Le
sabot est trop incliné par rapport au paturon.
Cela arrive souvent avec des talons fuyants et une pince longue.
Cette conformation surcharge énormément le
tendon fléchisseur profond et l'
os naviculaire.
Axe brisé en avant (Pied bot, Court jointé) : Le
sabot est plus vertical que le paturon.
Cela augmente les chocs sur les articulations de la
couronne et du
boulet, favorisant l'arthrose.
L'équilibre médio-latéral : La symétrie de face
En regardant le
pied de face, on évalue si le
cheval pose son
pied «
à plat » ou s'il bascule sur un côté.
L'Idéal : La hauteur des parois interne et externe doit être identique, la
couronne doit être parallèle au sol.
Déséquilibre : Si une paroi est plus haute que l'autre
(par exemple, un pied plus haut en interne), le
pied va percuter le sol de manière
asymétrique.
Cela crée des
tensions ligamentaires latérales et peut provoquer des éclats dans la
corne (seimes) ou un basculement de la boîte cornée.
L'équilibre solaire : La vue par le dessous
Lorsqu'on soulève le
pied, la symétrie de la
sole et de la
fourchette nous renseigne sur la santé de l'
aplomb.
La forme : Un
pied antérieur doit être plutôt arrondi, tandis qu'un postérieur est plus ovale.
La fourchette : Elle doit être large et bien développée.
Une
fourchette atrophiée est souvent le signe d'un
pied encastelé (talons qui se resserrent), ce qui empêche le
pied de jouer son rôle d'amortisseur
(pompe sanguine).
La symétrie : La ligne passant par le milieu de la fourchette doit diviser le pied en deux moitiés égales.
Les principaux défauts d'aplomb du pied
Le pied bot : C'est un
pied dont la pince est très redressée et les talons très hauts.
C'est souvent dû à une rétraction du
tendon fléchisseur profond.
Le pied plat : La
sole est presque au contact du sol et la pince est très longue.
Le
cheval est sensible sur les sols caillouteux.
Le pied encastelé : Le
pied se rétrécit dans sa partie postérieure.
Les talons sont serrés, la
fourchette est «
pincée ».
Cela réduit l'irrigation sanguine du
pied.
L'évasement : Une paroi
(souvent interne ou externe) s'évase vers l'extérieur au lieu de descendre droite.
C'est le signe d'un mauvais
parage ou d'une surcharge d'un côté du
pied.
L'importance du parage et de la ferrure
Contrairement aux
aplombs des membres (osseux et définitifs), les
aplombs du pied sont dynamiques.
Ils évoluent avec la pousse de la
corne.
Le rôle du
maréchal-ferrant ou du pareur est de ramener régulièrement le
pied vers son équilibre idéal.
Un bon
parage permet de réaligner l'axe phalangien pour soulager les
tendons, de rééquilibrer les hauteurs de parois pour éviter les
entorses et de dégager les talons pour redonner au
pied sa fonction d'amortisseur.
Le rencontre entre la mécanique du cheval et le sol
Les
aplombs du pied sont le point de rencontre entre la mécanique du
cheval et le sol.
Un défaut d'
aplomb du pied peut, à terme, remonter et créer des douleurs au niveau du
jarret, du
grasset ou même du
dos.
Une surveillance régulière de la forme des
sabots est donc le meilleur moyen de prévenir les
boiteries chroniques et d'assurer une vie sereine au
cheval.